L'IDEAL DESTRUCTEUR


Quand ils m'apparurent croupissant en l'immonde,
L'ordure pour baptême et la terre pour lit,
Je pensais l'idéal, imaginant un monde
Où le respect serait, avant tout, en la vie.

Les enfants, aux yeux d'homme, égaraient leur misère
Dans le rêve et l'attente, au fond de la masure.
Les femmes fatiguées commençaient la prière
Invoquant tous les Dieux qu'on leur jette en pâture.

Les beaux corps se vendaient alentour des marchés,
Minutes de plaisir pour les sombres touristes,
Entre les bras d'enfants aux bouches affamées
Que l'idée d'un repas cessait de rendre tristes.

Et des doigts connaisseurs, à longueur de journée,
Roulaient d’âpres bidis, étrange activité.
Les hommes, plus chanceux, ramassaient du papier,
Une roupie la tonne, lassante activité.

Commencer à penser devant ces injustices
Est déjà reconnaître aux lueurs du mensonge
Que l'idéal n'est pas auteur de tous les vices
Ni l'unique raison de la mort qui nous ronge.
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Yaressua DNOMYAR