MATINEE LABORIEUSE

De célestes vapeurs montaient vers les maisons
Et l'aurore anémiée défaisait son corsage
Comme le gris pavé ternissait son pelage
Duquel on ne voyait que d'amples et longs frissons

L'ancienne veillée bordée des insomnies
Enfantait des départs vers de lointains bureaux
Comme la matinée alitait les petits
Oraison douloureuse à l'esprit des badauds

Les lueurs étirées dans de tristes chaumières
Flottaient sur les rêves au-dessus des enfants
Dans la rue désertée s'égaraient les passants
Sous un halo léger maculé de lumière

L'aube décomposée succombait sans douleur
Et le jour atrophié remettait sa pelisse
Comme pour enflammer les couleurs de l'iris
Aux pieds d'un horizon à la vague pâleur
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Yaressua DNOMYAR